Le refus de l’autoroute A 104 en zones urbanisées : La détermination du CO.P.R.A. 184

Depuis sa création, en 1991, le CO.P.R.A. 184 (Collectif pour la Protection des Riverains de l’Autoroute 184, devenue A104) s’oppose avec force et détermination au « Projet A104 », de « Prolongement de la Francilienne dans l’Ouest Parisien », sur 22 km, de MÉRY-SUR-OISE (Val d’Oise) à POISSY-ORGEVAL (Yvelines).

1-L’historique et la situation du projet A 104 :

  • Octobre 1989 : Michel Rocard, alors Premier Ministre, décide de réviser le Schéma Directeur de la Région parisienne et inscrit en priorité, dans l’ouest parisien, le « Bouclage de l’A86 » et le « Bouclage de la Francilienne ». A partir de là, les Hauts Fonctionnaires en charge du dossier ressortent un projet vieux de plus de 30 ans (1965) de « Réalisation d’une jonction par voie rapide à 2 fois une voie entre l’A15 et l’A13 afin de desservir les 2 villes nouvelles de Cergy-Pontoise et de Saint Quentin en Yvelines ».
  • 1991 : suite à l’annonce publique du projet d’autoroute A184 reliant Cergy à Orgeval, plusieurs associations de défense de l’environnement s’associent et fondent le collectif CO.P.R.A. 184. qui organise alors une réunion publique d’ampleur régionale où les populations et les municipalités concernées viennent exprimer leur farouche opposition.
  • Entre 1992 et 1998 : plusieurs « concertations des populations » sont mises en place par les Préfets coordonnateurs successifs. Ces réunions ne sont que des « simulacres de concertations » qui alternent avec des expertises mises en place par l’Etat, sous la pression du collectif CO.P.R.A. 184 qui multiplie ses actions de défense des populations (opérations escargot, occupations de ponts et de péages d’autoroutes, manifestations à pieds devant la préfecture de Versailles en présence de plus de 250 élus munis de leur écharpe tricolore …).

En 1996, le projet autoroutier est rebaptisé « A104 » et 3 variantes de tracés sont présentées au public par l’Etat.

Au cours de ces années, trois Premiers Ministres ont été amenés à annuler le tracé de l’autoroute à cause de l’opposition très forte des populations et des élus locaux : Pierre Bérégovoy en 1993, Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 1997.

  • 1999 : le nouveau Président de la Région IdF, Jean-Paul Huchon, n’inscrit pas le « Bouclage de la Francilienne par l’ouest parisien » au contrat de plan 2000-2006 : le blocage du dossier est alors amorcé.
  • 2001 : après 10 ans de combat, l’A104 n’a toujours pas d’existence juridique car il n’y a eu aucune enquête publique et donc aucune DUP.
  • 30 mai 2005 : le Ministre de l’Equipement saisit officiellement la CNDP à propos du « Bouclage de la Francilienne dans l’ouest parisien » qui s’appellera désormais « Prolongement de la Francilienne de Cergy-Pontoise à Poissy-Orgeval ».
  • Mars à juin 2006 : un Débat public sans précédent a lieu, avec 27 réunions publiques au cours desquelles plus de 12 000 participants – du jamais vu en France – s’opposent au projet d’autoroute A104 en zones urbanisées.
  • Octobre 2006 : le Ministre des Transports choisit le « Tracé Vert » parmi les 5 tracés mis à l’étude, lors du Débat public.
  • Février 2007 : plus de 10 000 personnes descendent dans la rue, à Conflans Ste H., à l’appel du CO.P.R.A. 184, des associations partenaires et des Elus de la Région, pour manifester contre la décision du Ministre.
  • Juin 2008 : le « Comité des Maires contre l’A104 » qui vient de se créer et le CO.P.R.A. 184 organisent une manifestation à pieds, entre Poissy et Carrières : des milliers de personnes sont encore dans la rue après 20 ans de combat.
  • De 2009 à 2011 : les Elus du Val d’Oise, de Conflans-Sainte-Honorine et d’Achères réclament la réalisation de l’A104 ou négocient avec l’Etat. Au Sud d’Achères, les Elus refusent l’A104.
  • Décembre 2011 : l’Etat lance un appel d’offres pour la réalisation des études préparatoires à l’enquête d’utilité publique pour la réalisation du prolongement de la Francilienne A 104 de Méry-sur-Oise à Achères.
  • Mai 2012 : changement de Pouvoir Exécutif. Le nouveau Ministre des Transports exprime la nécessité de hiérarchiser les projets du SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transports) en raison de la crise économique. Si les projets de lignes LGV sont cités, quid des projets autoroutiers ?

Le CO.P.R.A. 184 confie à l’IFOP l’organisation et la réalisation d’un sondage (Cf. « Annexes »).

  • Juin 2013 : la Commission Mobilité 21, mise en place en octobre 2012, a placé le projet A104 parmi les projets de « seconde priorité » et non de « première priorité ».
  • Année 2014 : suite aux élections municipales de mars 2014 qui ont modifié le paysage politique de nombreuses villes concernées par le projet A104, le CO.P.R.A. 184 a été reçu par les nouveaux maires ainsi que par ceux qui ont été réélus.
  • Année 2015 : le Collectif s’est à nouveau rapproché des maires, afin d’obtenir, de leur part, le vote de délibérations, de la part des Conseils municipaux.

Le CO.P.R.A.184 s’est mobilisé lors des élections départementales de mars et régionales de décembre, par l’envoi de questionnaires aux candidats. D’autre part, il s’est mobilisé, en relation avec FNE et FNE-IDF, lors de la COP 21(Du 30 nov. au 12 déc. 2015). De plus, nous avons sorti un nouveau film, en novembre 2015, mettant en exergue la problématique du projet A104.

  • Année 2016 (25 ans de combat contre le projet). Suite aux demandes qu’il a faites auprès des Ministres (Ecologie et Transports) et auprès de la nouvelle présidente de la région IDF, le CO.P.R.A. 184 a été reçu par M. Stéphane BEAUDET, Vice-président chargé des Transports, à la région IDF et est en attente de dates de rendez-vous avec les Ministres.
  • Année 2017 : Le CO.P.R.A. 184 organise une conférence de presse le 23 mars afin d’évoquer le questionnement des candidats aux élections présidentielle et législatives, le rapport de la Région IDF « Mise en œuvre du plan régional Anti-Bouchons et pour changer la route » qui a été voté par le Conseil régional. Le CO.P.R.A. 184 considère ce vote » est une régression car il correspond à une densification, à outrance, du réseau routier et autoroutier, à travers le tissu urbain, alors que se sont déroulés le « Grenelle de l’Environnement » et la « COP 21 » et que les « alertes pollution » se succèdent, régulièrement.

D’août à décembre 2017, le CO.P.R.A. 184 rencontre les députés nouvellement élus et les Autorités et communique régulièrement en tenant un stand sur les forums des associations, les marchés et les fêtes spécifiques à chaque ville concernée par le projet A104.

  • Année 2018 : le CO.P.R.A 184 poursuit son action en distribuant sa « Carte de Vœux annuelle », en janvier, aux cérémonies des vœux organisées par les Maires, la Communautés urbaine GPSEO et les Conseils départementaux.

Le 01 février, le CO.P.R.A. 184 prend connaissance, avec satisfaction, du « Rapport DURON » qui considère que « le coût élevé du projet estimé à plus de 3 milliards d’euros et les difficultés environnementales qu’il soulève… invitent à reporter la question de la réalisation du prolongement de l’A104 à long terme » et qui recommande « de ne pas prévoir une réalisation du projet avant 2038 quel que soit le scénario considéré et d’en réexaminer l’opportunité d’ici 2030 en mettant à profit le temps disponible pour approfondir les solutions alternatives d’amélioration de réseau structurant existant ».

De février à décembre, le CO.P.R.A. 184 poursuit régulièrement ses entrevues avec les différents acteurs politiques du secteur (Yvelines et Val d’Oise) ainsi qu’avec certaines associations, afin d’échanger au sujet de ses propositions réalistes, justifiées par le souci de préserver l’environnement et la santé des habitants.

  • Année 2019 : le CO.P.R.A. 184 distribue, en janvier, sa « Carte de Vœux 2019 » à la porte d’une douzaine de cérémonies des vœux des Maires ainsi qu’aux Conseils départementaux et à la Communauté Urbaine GPSEO, puis il poursuit les entrevues avec les Elus, les associations et les collectifs locaux.

Il participe ensuite au Débat national (contributions écrites mises dans les cahiers de doléances).

En février/mars, il participe à la consultation relative aux « Routes du Futur du Grand Paris » en envoyant sa contribution écrite.

A partir de mars, il participe à la concertation relative au projet de Terminal T4 de Roissy-CDG (Projet en relation avec le projet A104, avec concertation mise en place du 12 février au 12 mai 2019) en étant présent lors de réunions publiques et en rédigeant un Cahier d’Acteur dans lequel il émet un avis négatif argumenté au sujet du projet d’extension de l’aéroport Roissy-CDG.

Dans le cadre de l’Enquête publique relative au PLUi de la Communauté urbaine GPSEO (Grand-Paris-Seine et Oise), le CO.P.R.A. 184 rédige, le 11 juillet 2019, une contribution de 6 pages, dont 4 pages d’annexes. Dans cette contribution, il donne un avis négatif argumenté au projet de PLUi.

En septembre, il rencontre à nouveau les maires de Conflans-Sainte-Honorine et d’Eragny-sur-Oise, dans le cadre des « Améliorations de l’existant », à la suite du rapport Duron et de la Loi sur les Mobilités.

2-Les raisons de la détermination du CO.P.R.A. 184 :

La détermination du CO.P.R.A 184 s’appuie sur :

  • La forte mobilisation des populations.
  • Les arguments irréfutables qui ont conduit trois Premiers Ministres à annuler ce projet (Messieurs BEREGOVOY, BALLADUR et JOSPIN).
  • Les Experts indépendants nationaux et internationaux, dont l’OMS, qui dénoncent tous, d’une même voix, en s’appuyant sur des études épidémiologiques irréfutables, les maladies engendrées par le BRUIT et par les POLLUTIONS de l’AIR (NOx / Composés organiques volatiles - COV- / Particules fines et surtout ultrafines).
  • La réalisation proposée au milieu des villes est stupéfiante et irresponsable.

D’année en année, la zone concernée par le projet s’est très fortement urbanisée, dans toutes les communes, si bien qu’actuellement, de très nombreuses habitations individuelles et collectives ainsi que des établissements scolaires et hospitaliers, des aires de jeux et de loisirs et des terrains de sports, sont concernés. Rappelons qu’en France, près de 18 000 personnes meurent chaque année à cause de la pollution générée par de telles infrastructures, soit près de quatre fois plus que lors des accidents de la route.

  • Le « projet A104 » ne constitue pas un « Bouclage de la Francilienne » comme il est souvent présenté par les Autorités mais un simple « Prolongement » qui s’achèverait en cul de sac à ORGEVAL, sur le plus grand échangeur d’Europe (55ha, 330 000 véh. /jour, 4 fois l’échangeur de Rocquencourt).

Aucun bouclage ne sera réalisable, la plaine de VERSAILLES et la Vallée de CHEVREUSE étant classés.

Au sud d’Orgeval, le trafic de 120 000 véh. /jour de l’autoroute A104 à 2 fois 3 voies s’écoulerait sur les axes A13, A12, A86, RN12, RN118 et A10 déjà saturés.

  • Le coût prévisionnel de 3,2 Milliards d’Euros pour 22 km est exorbitant.

De plus, cette estimation ayant été faite lors du débat public de 2006, elle est devenue complètement obsolète et devrait être revue très nettement à la hausse. Ce projet représenterait à lui seul environ plus de 30% du coût total des infrastructures routières prévues dans le Schéma national.

  • Il est constamment avancé que ce genre d’infrastructure concourt au développement économique.

Cependant, à terme, la construction d’une autoroute n’est pas créatrice d’emplois. Elle ne fait au mieux que les déplacer et souvent, de manière temporaire.

  • La crise économique a conduit à réexaminer les « Grands Projets » cités par les Pouvoirs publics pour justifier l’A104 : la future « Plateforme multimodale d’Achères » de plus de 420 ha (nommée PSM « Port Seine-Métropole ») qui n’a pratiquement pas été évoquée lors du débat public de 2006 et le futur « Canal Seine-Nord ».

Le débat public de PSMO relatif aux 120 ha de la partie ouest du Port Seine-Métropole a eu lieu à l’automne 2014. La CPDP a rendu son rapport le 12 février 2015. Ports de Paris a décidé de poursuivre alors son projet « Port Seine-Métropole Ouest » suivant les caractéristiques principales présentées lors du débat public et de lancer les études et procédures en vue de la déclaration d’utilité publique et de l’obtention des autorisations pour la réalisation des travaux.

3-La proposition du CO.P.R.A. 184 :

Avant de créer toute nouvelle infrastructure autoroutière, le CO.P.R.A. 184 demande que soient déjà étudiés les points suivants :

  • Amélioration de la protection des riverains de la RN 184 (enfouissements, tunnels, merlons …).
  • Amélioration de la RN 184 en supprimant des intersections à niveau et des goulets d’étranglement.
  • Réalisation de l’échangeur prévu à l’origine entre la RN184 et l’A14 à Saint-Germain-en-Laye.
  • Réalisation complète de la tangentielle ferrée Ouest (de Saint-Quentin en Yvelines à Cergy).

Cette liaison parallèle à la RN 184 pourrait sérieusement la soulager (service voyageurs et trafic FRET).

4-En résumé :

Le projet A104 est une aberration économique et surtout sanitaire qui met gravement en danger la santé des 300 000 habitants de la zone.

En effet, depuis plusieurs années, des études épidémiologiques européennes et mondiales démontrent que la pollution atmosphérique est la cause de nuisances sanitaires majeures et que la pollution due à la circulation routière en est largement responsable.

Les autoroutes situées en zones urbanisées ne devraient donc plus être d’actualité.

 

Fichier attachéTaille
Microsoft Office document icon historique majoct2019.doc61.5 Ko